Romain et Julien sont deux élèves de l’école d’ingénieurs PHELMA appartenant au groupe INP à Grenoble. Dès Juin 2009, il y a dons un peu moins d’un an, ils ont eu pour idée de participer à la treizième édition du 4L Trophy/ Cet événement est un rallye raid automobile humanitaire exclusivement étudiant se déroulant à la mi-février.
Pour l’année 2010, le départ dut effectué le 18 Février de Bordeaux et Paris, dans le but de rouler jusqu’au Maroc, pays accueillant chaque année le millier de voiture. La particularité de ce raid est qu’il se réalise en Renault 4L, d’où son appellation.
Ainsi, durant l’été 2009, ces deux étudiants ont acheté la 4L et ont commencé à se renseigner sur toutes les modalités de ce rallye. Une fois la voiture au garage, il n’a pas fallu se contenter de l’admirer. En effet, l’état de celle-ci a dû être vérifiée afin qu’elle puisse résister à d’éventuels chocs dûs à un parcours composé à la fois de route et de piste. Respectivement, 6.000km et 700km ont été nécessaires afin de rallier Marrakech.
Une fois tout le matériel acheté, nos deux aventuriers se sont occupés de l’incription et surtout des sponsors. L’enjeu était de taille : rallier à leur cause le plus grand nombre d’entreprises dans le but de réunir les fonds nécessaires à la participation au 4L Trophy. Autrement dit, rassembler un peu plus de 7.000 euros.
Le dossier de partenariat a donc été présenté à l’entreprise Coservit qui fut séduit par le projet et accepta de sponsoriser l’association 4LFFF (association créée par les deux protagonistes). Il faut savoir que pour cette entreprise, ce partenariat est la continuité d’un engagement éco-citoyen.
Après un départ de Bordeaux, nous avions 48h pour rallier Algésiras et prendre le ferry qui nous conduirait en terre marocaine. C’est ainsi, que le dimanche à 11h30, nous avions débarqué à Tanger et effectué nos premiers "kilomètres marocains" qui ont été surprenants : on s’attendait à un paysage aride et sec alors que, sous nos yeux, se présentait un panorama vert et humide. Mais, il ne fallait pas être impatient car plus on se dirigeait vers le sud, plus c’était caillouteux, terreux et sec.
Le premier jour, nous avons emprunté la route pour rallier Tanger à Enjil. L’étape était plutôt longue en kilomètre, mais vu que nous étions tout contents et stupéfaits par ce dépaysement, le temps est vite passé !
Enjil fut marqué par le premier bivouac dans un environnement "désertique". En effet, au réveil le lundi matin, la vue fut exceptionnelle... "C’est comme sur les photos", répliquais-je à Julien : un plateau désertique où soufflait un vent froid. Sur celui-ci, on pouvait y voir de nombreuses pierres posées de manière régulière sur un sol de terre couleur rouge.
Ce type de paysage ne nous quitta plus jusqu’à l’arrivée à Marrakech le vendredi soir. Entre-temps, nous avons aperçu les dunes avec lesquelles nous avons partagé quelques minutes voire quelques heures de poussées intenses : quand la 4L est enfoncée dans le sable, il n’y a pas d’autres moyens que l’effort humain !
Le mardi soir, nous avons enfin déposé les fournitures scolaires et sportives. C’était à Merzouga : le bivouac était installé à quelques mètres des dunes, excellent ! En tout et pour tout, les 1200 4L qui sont arrivées jusque là, ont acheminé un peu plus de 80 tones de matériel ! Nous, nous en avions 80kg et nous étions bien contents de pouvoir effectuer ce geste humanitaire ainsi que, il faut le reconnaître, soulager la 4L qui était plutôt remplie. Nous en avons profité pour prendre quelques photos avec les "enfants du désert" qui furent très sollicité. J’ai donc donné en mains propres un sac de fournitures scolaires à une petite fille qui m’accorda en échange un grand sourire de satisfaction... Cette image est maintenant immortalisée dans mes souvenirs et restera un moment d’émotion.
Repartons pour l’aventure... Les étapes se sont suivies mais pas du tout ressemblées. Chaque mètre était magique par la beauté du paysage mais aussi de l’événement : voir toutes ces 4L se suivre et ainsi former un amas de poussière était exceptionnel.
A ce propose, nous étions guidés par un roadbook qui nous indiquait les caps à suivre ainsi que les passages difficiles comme les "oueds" qui sont de sortes de rivières asséchées ou l’on peut rencontrer du sable/des cailloux/des arbres... Etant donné que des caps indiqués ne suivaient pas forcément la piste, nous avons décidé, mon coéquipier et moi-même, de couper le plus possible les pistes pour passer donc en hors pistes. Cela nous a assuré des passages plus qu’insolites mais aussi quelques frayeurs qui ne furent heureusement, que des frayeurs !
Je me permets de préciser que le 4L Trophy est une course d’orientation. Ainsi, chaque matin et soir, l’organisation relevait le kilométrage de notre compteur pour effectuer un classement. Vous l’aurez compris, en coupant les pistes mais aussi en ne se perdant pas, notre classement fut honorable : 64ème sur 1136 équipages. Je précise que nous ne recherchions pas à obtenir un résultat particulier : lorsqu’on voulait faire demi-tour, nous le faision sans se poser de questions.
Après être passé par le col du Tichka, à 2260m (route la plus haute du Maroc située dans l’Atlas), nous sommes arrivés à bon port : la ville de Marrakech. J’ai oublié de préciser que nous avons arrêté les pistes le vendredi dans la matinée à proximité de Ouarzazate. Ce fut assez...triste, de penser que nous en avions terminé avec terre rouge si légère et ces cailloud marocains su abrupt et majestueux (peut-être pas éternellement mais du moins, pour quelques temps).
Dans cette grande ville, nous y sommes restés 2 nuits et 1 jour, ce qui nous a laissé le temps de visiter le souk et la place nommée "jemaa el fina". C’est vraiment impressionnant comme le mode de vie est totalement différent de chez nous en France ! Vivre dans ce pays revient bien moins cher mais les disparités sociales sont bien plus fortes...
Du dimanche matin au lundi midi, nous avons roulé, traversé le détroit de Gibraltar, finalisé le 4L Trophy (l’aventure s’est terminée à Algésiras), dormi sur une aire d’autoroute et nous sommes arrivés à Grenade, ville que nous avions décidé de visiter pour une après-midi. Après cela, le mardi matin nous avons roulé à destination de Barcelone avec pour objectif, comme à chaque fois sur l’autoroute, de coller un poids lourd dans le but de prendre l’aspiration de clui-ci.
Une dernière nuit en pays étranger et nous voilà arrivé en France, à Béziers, sans aucuns problèmes mécaniques précisons-le. Nous sommes restés un jour dans cette ville afin de raconter notre aventure aux proches. Le lendemain, un nouveau départ s’est effectué à destination de Grenoble, ville dans laquelle nous effectuons nos études.
Nous tenons une fois de plus à remercier tous nos sponsors et proches, qui nous ont soutenu
et aidé moralement ou/et financièrement.
Un grand merci à tous, l’aventure en valait bien la chandelle !